Motricité, langage, cognition et sociabilité chez l’enfant de 6 à 12 ans

Le développement de l’enfant devient de plus en plus pointu et abstrait avec l’âge. Nous allons donc explorer les nouvelles compétences mises en place chez l’enfant et le pré-adolescent.

Entre 6 et 7 ans : votre enfant connaît une meilleure aisance corporelle générale, et développe sa coordination. Il peut maintenant apprendre à faire du vélo et circuler avec, il saute à cloche-pied et franchit des obstacles en courant. La motricité fine se développe, notamment grâce à l’écriture et l’utilisation des outils scolaires comme les ciseaux. Vous pouvez par exemple lui apprendre à faire des origamis. Au niveau du langage, votre enfant est capable d’utiliser environ 2500 mots, il apprend à lire des textes courts, et peut faire des liens de cause à effet. Son raisonnement dépend encore de sa perception, et sa compréhension du temps ne se fait pas sur un continuum reliant le présent au futur et au passé. Le concept de mort se construit, et il la distingue du sommeil sans pour autant la considérer comme irréversible. Votre enfant peut exprimer la plupart de ses émotions avec la parole et non plus des gestes, et il peut tolérer un certain délai avant d’obtenir satisfaction. Enfin, c’est une période charnière pour le développement de l’estime de soi, qui se construit maintenant avec ses pairs. La notion de bien et de mal commence à se mettre en place, et les règles sont très importantes et peu interchangeables face au contexte et surtout aux intentions des autres.

 

Vers 8 ans : votre enfant maîtrise de mieux en mieux l’écriture cursive, et il utilise de nouveaux outils qui sortent du cadre scolaire (agrafeuse, marteau, aiguille à coudre). Son vocabulaire continue à se diversifier, et il peut comprendre sans difficulté un texte qui n’est pas illustré puis imaginer la suite. Son sens de l’humour se développe car il comprend qu’un mot peut avoir plusieurs significations. Il envisage également d’autres points de vue que le sien. La compréhension du caractère permanent de la mort est enclenché, ce qui peut générer des angoisses. Votre enfant continue de développer sa morale, et la notion de justice est très importante pour lui. Enfin, grâce à de nouvelles capacités d’abstraction, votre enfant commence à développer son sens de l’empathie.

 

Entre 9 et 10 ans : votre enfant est capable de courir de plus en plus vite, sa pratique sportive est plus soutenue. Il est souvent friand de tour de magie et de jonglerie car il est maintenant capable d’en apprendre les rudiments. Votre enfant comprend la syntaxe et peut même écrire une histoire totalement inventée. Ses capacités attentionnelles et mnésiques augmentent. Votre enfant comprend maintenant que la mort est universelle et peut le concerner. Il est également capable d’assumer la responsabilité d’un animal de compagnie avec un peu d’aide. Avec ses amis, il condamne la tricherie et les mensonges, et il peut apprécier la compétition entre pairs. 

 

A partir de 11 ans : votre pré-adolescent est au collège. Son langage et son écriture sont bien maîtrisés car il fait peu d’erreurs de syntaxe et de conjugaison à l’oral, et il n’écrit presque plus comme il parle. Son sens de l’humour se développe encore, car il commence à percevoir le sarcasme et l’ironie comme étant drôles. Votre pré-adolescent commence à intégrer des groupes de copains, tout en ayant souvent un meilleur ami. Son sens de la morale est moins figé, mais il a encore besoin de faire appel à des personnes ayant un rôle de référence.

L’attachement de l’enfant et le rôle des parents

Le bébé puis l’enfant développe des liens d’attachement à une ou plusieurs figures parentales. Cela va lui permettre de construire son identité et sa personnalité, et de prendre confiance en lui.

 

L’attachement est un lien affectif qui se crée entre plusieurs personnes, notamment entre le bébé et ses parents. C’est un concept très étudié en psychologie, car les relations qui sont tissées entre un bébé et ses parents vont influencer sa manière de percevoir son environnement. La relation d’attachement naît pour le bébé et pour les parents, notamment grâce aux soins qu’ils lui apportent. De nombreuses études montrent que lorsque les parents fournissent un environnement sécurisé et stable à leur bébé, ce dernier aura d’avantage envie de s’exprimer, d’apprendre à parler, et cela l’encouragera à explorer son environnement. Soutenir et stimuler son jeune enfant lui permettra d’être en confiance et de construire son propre modèle de relation qu’il gardera toute sa vie. Le fait de jouer régulièrement avec son enfant, et de partager des activités propres à son âge et à son niveau de développement, lui permettront de construire des représentations et des modèles de partenariat et de relations qu’il pourra avoir avec ses pairs.

 

Les parents sont donc les personnes les plus importantes dans la vie d’un bébé puis d’un enfant, puisque ce sont les premières personnes qu’il rencontrera et qui lui serviront de modèle pour tout ce qu’il construira au niveau psychologique et social. Ce sont les personnes qui le nourrissent et qui prennent soin de lui, et c’est pour cela que le bébé s’attache à eux plus qu’à n’importe qui, et que l’enfant croira sur parole et à qui il voudra plaire. L’enfant essaiera donc d’atteindre ses parents à n’importe quel prix, car il leur accorde une importance vitale.

Lorsque votre enfant va mal, que son comportement et son humeur changent, c’est vous parents qui aurez le plus d’impact pour que la situation s’améliore !

Le développement social de l’enfant

Votre bébé est un petit être qui développe ses relations sociales dès sa naissance, grâce à sa famille. Nous allons voir quelles sont les étapes de la socialisation chez les bébés.

Dès ses premiers mois, bébé peut produire des sourires sociaux et vers 4 mois, il peut essayer de prolonger une interaction en souriant. De plus, bébé peut rire aux éclats et apprécie certains moments : il sourit quand on s’approche de lui ou que l’on prépare son biberon.

A 5 mois : bébé rit grâce à ses jeux et jouets, et il s’intéresse aux bruits extérieurs. Il peut également différencier des visages familiers et étrangers. 

Entre 6 et 7 mois : bébé développe l’attention conjointe en regardant ce que pointe du doigt une autre personne. C’est un apprentissage crucial dans la communication et la socialisation, car lors des premiers de sa vie, votre bébé ne regarde que ce qui l’intéresse. Le développement de l’attention conjointe lui permet de comprendre que ses parents peuvent regarder autre chose que lui, ce qui va lui permettre de changer la direction de son regard et voir qu’il existe un environnement social. 

A partir de 8 mois : bébé choisit à qui s’attacher et commence à développer de la peur face aux étrangers. D’autre part, il n’apprécie pas que l’on mette un objet hors de sa portée !

A partir de 1 an, bébé peut reproduire consciemment des actions qui le feront rire, ainsi que son entourage ! A 20 mois, votre enfant est capable d’imiter en différer, et de jouer à des jeux de faire semblant. Enfin, à partir de 2 ans, votre petit enfant s’intéresse à son image dans un miroir et commence les jeux symboliques.

Les acquisitions motrices du bébé et du jeune enfant

Dans cet article, nous verrons les principales acquisitions motrices du bébé, de sa naissance jusqu’à 30 mois. Gardons en tête que les âges indiqués sont une moyenne.

A 2 mois : bébé se retourne du côté sur le dos, suit des yeux une personne qui bouge, et tourne la tête pour suivre un objet ;

A 3 mois : bébé tient sa tête droite, et peut tenir fermement un hochet dans sa main ;

A 5 mois : bébé tient debout quand il est tenu sous les bras, et tend la main pour attraper un objet à distance ;

A 7 mois : bébé se met sur les genoux et peut porter ses pieds à sa bouche lorsqu’il est couché ;

A 8 mois : bébé se retourne du dos sur le ventre, et il peut rester assis sans soutien. Il peut également saisir un objet dans chaque main ;

A 9 mois : bébé se tient debout avec appui, et fait des pas quand il est tenu sous les bras. Il est capable de saisir un objet entre le pouce et l’index. Enfin, il peut retrouver un objet caché sous une serviette ou une couverture : c’est la permanence de l’objet.

A 12 mois : bébé peut passer de la posture assise à debout avec un appui. Attention, à partir de 1 an, votre bébé devient donc capable de marcher seul et de descendre des escaliers à reculons à 4 pattes. Il faut donc bien le surveiller car il se montrera très curieux pour son environnement et voudra certainement tout saisir !

A 14 mois : bébé peut faire quelques pas tout seul et monter un escalier à 4 pattes. Il peut aussi gribouiller par imitation.

Vers 16 mois : bébé commence à présenter une préférence pour l’utilisation d’une de ses mains.

A 17 mois : bébé marche à reculons et peut pousser un ballon du pied. Il sait également faire une tour avec plusieurs objets.

A partir de 24 mois : votre petit enfant peut monter et descendre des escaliers debout, il peut courir et se tenir sur un pied à l’aide d’une main.

Vers 30 mois : votre enfant peut sauter à pieds joints.

L’acquisition et le développement du langage

Dès la naissance, votre bébé est capable de distinguer sa langue maternelle d’une autre, et de reconnaître la voix de sa maman (qu’il préfère !). Nous allons maintenant voir comment se développe le langage de votre bébé, en gardant à l’esprit que les âges d’acquisition indiqués sont des moyennes.

A 2 mois : bébé peut vocaliser deux sons. Jusqu’à ses 3 mois, votre bébé ne produit que des cris qui sont tous différents selon son ressentis, puis à partir de 4 mois il peut amorcer des communications.

A 4 mois : bébé tourne la tête pour regarder la personne qui lui parle, et exprime par des vocalises des émotions comme le plaisir et le déplaisir, la colère ou la joie ;

Vers 7 mois : bébé comprend certains mots très simples en fonction d’un contexte précis. De plus, il attire l’attention d’une autre personne par des gestes, des cris ou des émissions vocales plus fines ;

A 8 mois : bébé vocalise plusieurs syllabes distinctes et réagit à plusieurs mots familiers ;

IL faut attendre entre 10 et 12 mois pour que votre bébé comprenne des mots hors contexte et qu’il commence à produire ses premiers mots. En effet, à cette période, il peut babiller un mot simple de deux syllabes et secouer la tête pour dire « non ».

A 14 mois : bébé utilise des onomatopées pour désigner des objets ;

A 17 mois : bébé connaît environ 5 mots qu’il peut utiliser lorsqu’il s’exprime.

A partir de 19-20 mois : c’est le moment de « l’explosion lexicale » car votre enfant peut dire plusieurs nouveaux mots par jour, et former des phrases de deux mots.

A 24 mois : votre enfant commence à utiliser son prénom quand il parle de lui, et ses phrases comprennent maintenant 3 mots.

Pour résumer, entre 1 et 2 ans, votre enfant pourra acquérir près de 200 mots ! Puis, entre 2 et 3 ans, votre enfant peut comprendre des demandes indirectes.

 

Le développement de l’individu

De nombreuses études ont été effectuées afin de mieux comprendre le développement de l’être humain de sa naissance jusqu’à la fin de sa vie.
Le développement psychologique se trouve être le même pour toute personne qui n’est pas atteinte d’une pathologie. Cela signifie que le bébé, le jeune enfant et l’adolescent acquièrent des capacités à une certaine tranche d’âge : on parle de paliers développementaux.

Le cerveau humain se développe d’arrière en avant, en commençant à la naissance par les aires qui gèrent la motricité et la vision, pour finir au début de l’âge adulte par les aires frontales (à l’avant, comme son nom l’indique) qui permettent d’acquérir notamment des capacités de planification, d’attention et de flexibilité mentale.

L’être humain commence donc par acquérir des capacités motrices, cognitives, puis sociales, le tout se développant en interaction. Par exemple, c’est parce que l’on est capable de parler que l’on peut tisser un réseau social et développer des capacités d’empathie.

Chaque être humain se développe à son rythme et les différentes capacités ne s’acquièrent pas exactement aux mêmes moments. En effet, nous avons tous des particularités internes spécifiques et c’est aussi notre environnement qui doit nous fournir les stimulations nécessaires.

Cependant, il convient de consulter un pédiatre ou un professionnel spécialisé dans le développement si vous vous apercevez que certaines capacités ne sont pas acquises par votre enfant.

L’individu se développe donc tout au long de sa vie, bien que l’on retienne surtout qu’il perd des capacités à l’âge adulte, et en vieillissant. Il acquiert pourtant de nouvelles compétences, et bien entendu beaucoup de connaissances. 

En passant

Les « psys »

Sachez que pour vous accompagner sur le chemin de la thérapie, différents professionnels sont là pour vous aider. Les principales différences se situent dans la formation de chacun, ce qui influence le positionnement professionnel de tous.

Les psychologues : ils sont titulaires d’un master 2 professionnel (BAC+5). C’est un professionnel qui vous accompagne pour vous aider à dépasser une problématique en vous aidant à comprendre votre fonctionnement propre. S’ils travaillent en institution publique, notamment dans un Centre Médico Psychologique, la consultation sera remboursée par la sécurité sociale. Si vous consultez un professionnel en libéral, la consultation sera à votre charge mais peut éventuellement être remboursée en partie par certaines mutuelles.

Les psychiatres : ce sont des médecins spécialisés en psychiatrie et qui ont donc une approche médicale des troubles psychiques. Ils sont habilités à prescrire des médicaments et leurs consultations sont remboursées en partie ou en totalité.

Les psychothérapeutes : ils ont une formation de 250 heures en psychologie clinique et leur titre est protégé par l’Etat depuis 2012. Cependant, tous les psychothérapeutes ne sont pas psychologues ou psychiatres.

Les psychanalystes : ils suivent une formation de 3 ans en dehors de l’Université, via des associations et doivent effectuer une analyse personnelle.

Les psychopraticiens : il s’agit d’une appellation à ne pas confondre avec les psychologues ayant été formés à l’école des psychologues praticiens. Les psychopraticiens reçoivent généralement une formation allant de quelques mois à plusieurs années via des associations.

Les tests de QI

Les différents outils utilisés par les psychologues nécessitent plusieurs mois voire plusieurs années de formation. De plus, le prix d’achat de certains tests (notamment la Wisc V) peut être très élevé. Chaque professionnel fixe donc les honoraires en fonction des tests utilisés et de sa pratique.
Je vais vous expliquer plus en détail mon travail avec les tests psychométriques.

Pour les enfants et les adolescents, un test psychométrique va permettre de faire le point sur les capacités d’apprentissages générales (mais non scolaires), et de déceler un éventuel trouble Dys sans pour autant pouvoir faire un diagnostic.

D’autre part, le psychologue est à même de vérifier si le patient présente une déficience intellectuelle ou au contraire un haut potentiel intellectuel, mais aussi d’apprécier des capacités plus fines comme la mémoire de travail, les capacités d’organisation spatiales, l’attention, ainsi que les aptitudes langagières. 

Pour les adultes, le test psychométrique peut aider à répondre à des questionnements sur d’éventuels symptômes autistiques, un trouble de l’attention (avec ou sans hyperactivité), ou encore un haut potentiel intellectuel. 

Les examens psychométriques permettent de recueillir des éléments sur la personnalité de l’enfant ou de l’adolescent en décelant notamment une anxiété de performance en situation de stress. Je complète également mes tests psychométriques avec un examen projectif centré sur la personnalité de l’enfant ou de l’adolescent.